Rapport sur l’exploitation minière des grands fonds marins

Le 31 mars 2025 a marqué une étape décisive dans la protection de l'Océan avec une conférence de presse historique organisée par KRESK 4 OCEANS à Paris.

L’origine d’une mobilisation scientifique mondiale

Cette initiative prend racine en octobre 2023 à la suite d’une demande du Président de la République Emmanuel Macron. L’objectif était de synthétiser les preuves scientifiques concernant les graves risques liés à l’autorisation de l’exploitation des abysses.

Une proclamation scientifique internationale

Sous la direction de Françoise Gaill (CNRS) et Bruno David (MNHN), un comité de dix-sept experts internationaux a été constitué pour représenter une diversité d’origines et d’expertises. Coordonné par le programme Towards IPOS, ce travail transdisciplinaire a permis de rapprocher la science de l’action publique en proposant des recommandations concrètes et crédibles.

La conférence du 31 mars 2025 a officialisé la publication d’une proclamation scientifique internationale exigeant une pause de précaution de dix à quinze ans concernant l’exploitation minière en haute mer. Ce document démontre que les risques de dommages irréversibles sur ces écosystèmes dépassent largement les bénéfices potentiels actuels.

Des écosystèmes abyssaux menacés de dommages irréversibles

Les conclusions du rapport sont sans équivoque quant à la fragilité extrême de ces milieux. Les grands fonds marins abritent une biodiversité encore largement inconnue et jouent un rôle crucial dans le cycle de l’oxygène ainsi que le stockage du carbone. L’extraction de minerais provoquerait la destruction directe des habitats et générerait de vastes panaches de sédiments capables d’affecter la vie marine sur des centaines de kilomètres carrés. La communauté scientifique souligne que ces perturbations pourraient perdurer pendant des siècles, notamment parce que la croissance des nodules polymétalliques se mesure en millions d’années.

Un manque de légitimité économique et sociale

L’argument économique en faveur de cette industrie extractive reste à prouver. Les entreprises présentent souvent cette exploitation comme une nécessité pour la transition énergétique, mais aucune rentabilité économique n’a encore été formellement attestée. L’exploitation minière des grandes profondeurs manque également de légitimité sociale, les peuples autochtones et les communautés locales n’ayant pas été suffisamment consultés.

Un impact politique grandissant pour préserver l’Océan

Soutenue activement par le fonds de dotation KRESK 4 OCEANS, cette démarche a abouti à la publication de deux livrables majeurs mis à disposition des politiques et du public, dont la proclamation scientifique et un livret pédagogique de questions et réponses. Cette mobilisation internationale a déjà produit des effets concrets sur la scène géopolitique. À la mi-juin 2025, trente-sept États s’affichaient désormais comme favorables à une pause, un moratoire ou une interdiction de l’exploitation minière en eaux profondes.